Moi, c'est Manon. 28 ans, en couple, et une conviction un peu bizarre : je pense que la plupart d'entre nous n'ont pas un problème de stress. On a un problème de soirées.
Mais avant de t'expliquer ça, il faut que je te raconte un coup de fil.
Le mercredi soir où tout a commencé
21 h 30. Aurélie, ma tante, venait de coucher ses filles. Son mari était devant le foot. Et elle m'appelle, comme souvent à cette heure-là — l'heure où la maison se tait enfin et où on a le droit d'être fatiguée à voix haute.
Ce soir-là, elle me parle de ses mains. De l'eczéma qui était revenu, et d'une collègue qui le lui avait fait remarquer en pleine réunion. Fin des vacances, rentrée des filles, reprise du boulot, une charge de travail énorme, une charge mentale encore plus grande : son corps avait choisi de parler à sa place.
Et le pire, c'est qu'elle avait essayé. Sincèrement. La méditation, le sport, les massages, les bains chauds, la cohérence cardiaque, les gummies anti-stress, les huiles essentielles. La liste complète.
Pourquoi rien n'avait tenu
Parce qu'il y a une différence entre une solution qui marche et une solution qu'on tient.
La méditation, il faut des mois avant de sentir quoi que ce soit. Quand on est déjà à bout, on n'a pas des mois. Le sport, c'est un abonnement, un sac à préparer, et pour beaucoup d'entre nous l'idée très peu séduisante de traverser une salle en survêtement sous le regard d'une armée de types gonflés à la testostérone. Les gummies ? Quelques petites améliorations, et ce doute permanent qui gâche tout : est-ce que je ne suis pas simplement en train de me faire un effet placebo à 24 € la boîte ?
Alors le scénario était toujours le même. On abandonne. Et on retombe sur le téléphone.
Deux heures de scroll. Instagram, TikTok, une série qu'on ne regarde même pas vraiment. Et à la fin, le combo gagnant : de la culpabilité, de la fatigue, et la sensation très précise d'avoir gâché la seule soirée de la semaine qu'on avait pour soi. Parce que c'est bien ça qu'elle cherchait, Aurélie. Pas du repos. Du sens. Des heures à elle qui comptent vraiment comme des heures à elle.
Ma solution à moi : le coloriage au feutre acrylique
Petite, je coloriais tout le temps. Et puis j'ai arrêté, vers l'adolescence, avec le sentiment très net de ne pas être douée.
Sauf que ce n'était pas moi. C'était mon matériel.
Des couleurs pâles. Des traces de repassage dès qu'on insistait un peu. Le verso de la feuille transpercé, donc une page perdue sur deux. Des feutres qui bavaient hors des traits. Et des mines rigides comme des cure-dents.
J'ai compris ça il y a un an, à l'EVJF d'une de mes meilleures amies. Au programme de la journée : un atelier de coloriage aux feutres acryliques. On a colorié sur de la céramique, sur des galets, sur du bois, sur du papier. Et quand j'ai vu le résultat final entre mes mains, j'ai eu un vrai choc — de ceux qui te réhabilitent vingt ans plus tard.
Je suis rentrée chez moi, j'ai commandé un petit pack de feutres acryliques, et je ne me suis plus arrêtée.
Les couleurs sont éclatantes. On peut repasser plusieurs couches, même sur les teintes claires, sans laisser la moindre trace. Le papier n'est pas transpercé, donc le verso reste utilisable. Et la pointe brush s'écrase sous la main, glisse, et donne un effet pinceau — cette sensation-là, à elle seule, vaut le détour. C'est toute la différence entre un feutre acrylique et le feutre basique de la trousse d'école.
Mes 20 minutes de coloriage anti-stress
C'est devenu mon rituel, et je le défends comme une lionne.
La table débarrassée. Mon chéri devant son match ou sorti avec ses copains. Une petite bougie. Une tisane. Mon podcast préféré dans les oreilles, ou l'album que je connais par cœur. Je sors mon pack, je choisis le coloriage du soir, et c'est parti.
Vingt minutes. C'est tout ce qu'il faut. Et honnêtement, le problème n'est jamais de les commencer — c'est de les arrêter. Ces vingt minutes passent tellement vite que j'aimerais qu'elles en durent trois heures. On ne pense plus à rien, parce que la tête est occupée à une seule chose : trouver la bonne couleur. Les mains sont prises. Le téléphone est loin. Et on est bien trop pressée de voir le dessin prendre forme pour aller vérifier ses notifications.
Et Aurélie, alors ?
Je lui en ai parlé. Elle ne m'a pas crue. Elle était persuadée que les feutres allaient finir dans un tiroir et qu'elle ne trouverait jamais le temps.
Je lui ai promis vingt minutes. Pas une heure de méditation, pas un abonnement, pas une cure de trois mois. Vingt minutes, une bougie, une tisane — et à la fin, quelque chose à montrer à ses filles.
Les premiers soirs ont été durs : poser le téléphone, ça s'apprend. Et puis elle est entrée dans le jeu. Elle a pris la main, trouvé ses couleurs, commencé à créer. Et à envoyer ses dessins.
Est-ce que le coloriage a soigné son eczéma ? Honnêtement, je n'en sais rien, et je ne vais pas te raconter d'histoires là-dessus. Mais je sais qu'elle a récupéré ses soirées. Et je crois que ça a beaucoup compté pour la suite.
De mon groupe WhatsApp à une marque de feutres acryliques
Ensuite, ça s'est propagé. Mes copines ont vu mes dessins, m'ont dit qu'elles en avaient marre de leurs soirées Netflix-scroll, et ont commandé leurs feutres. Moins d'écrans, plus de créations — et un groupe WhatsApp devenu une petite galerie d'art du mercredi soir.
C'est là que je me suis dit que ça méritait de sortir de mon entourage.
Alors j'ai testé. Beaucoup. Et j'ai vu passer à peu près tout ce qui se fait de mauvais en matière de feutres acryliques : des feutres qui n'avaient de « pro » que l'emballage, des réservoirs d'encre ridicules qui rendaient l'âme en quelques semaines, des mines qui bouloutaient dès le premier jour, des capuchons qui fuyaient dans la trousse, et des couleurs claires incapables de couvrir quoi que ce soit même après trois passages.
J'ai sollicité fournisseur après fournisseur, jusqu'à trouver ceux qui tenaient la route sur la seule chose qui compte : est-ce que, six mois plus tard, le feutre écrit toujours aussi bien qu'au premier jour ?
Le nom, lui, est arrivé tout seul. Qoloriqo : le « colori » qu'on aime, la sonorité du cocorico bien chauvin qu'on assume complètement, et ces deux Q en clin d'œil à l'acrylique.
Par où commencer : quel pack de feutres acryliques choisir ?
Si tu débutes et que le budget est serré, prends le pack de 24 feutres acryliques. C'est largement suffisant pour tomber amoureuse du geste. Je te préviens quand même : si ça te prend, tu vas très vite trouver le choix de couleurs limité — et là, direction le 48 ou le 72.
Et si tu sais déjà que tu ne seras pas la seule à y prendre goût : 2 packs achetés = 1 offert, avec un e-book de coloriages offert pour commencer le soir même, sans rien attendre. De quoi équiper une tante, une nièce, une cousine, ou la copine qui te répète depuis six mois qu'elle est crevée.
Vingt minutes. Une bougie. Une tisane. Et ce soir, le téléphone attendra.